La 3ème édition des Wine Women Awards s'est déroulée le 11 mai à l'hôtel Bristol à Paris, j'étais dans les 10 finalistes, voici le feuilleton.
16 janvier 2009 : je m'inscris en ligne.
26 février : je suis pré-sélectionnée après avoir répondu à un test de connaissances sur le vin. J'ignore combien de candidates ont postulé et combien ont été pré-sélectionnées.
12 mars : date limite d'envoi du questionnaire de sélection (20 questions pointues de culture générale et de connaissances techniques sur le vin) et d'une lettre de motivation.
27 mars : j'apprends que je suis finaliste dans la catégorie "Amateur". Je découvre peu après le nom de mes concurrentes et leur parcours : nous serons 3 françaises, 1 turque et une sud-africaine.
Fin avril : je prends connaissance du programme de la finale.
10 mai : toutes les finalistes et les lauréates des précédentes éditions sont invitées à un dîner à la Brasserie Julien à Paris, restaurant faisant partie du groupe Flo, très sympa à la décoration Belle Epoque : verrière au plafond, portemanteaux en cuivre, sol en mosaïque. La cuisine est bonne, l'ambiance détendue, et pour nous mettre dans le bain, tout au long du repas, on nous sert à l'aveugle un vin blanc et un vin rouge. Même les candidates bourguignonnes ne devinent pas que c'est un Meursault, il faut dire qu'il n'est absolument pas représentatif de l'appellation... Le vin rouge est une Côte-Rôtie Brune et Blonde de Guigal, la plupart avait reconnu une syrah. Nous avons eu droit à une coupe de champagne Ayala, je découvre ce producteur encensé par les critiques, et je ne suis pas transportée, loin de là !
L'ordre de passage des finalistes est tiré au sort à la fin du dîner, je serai la dernière de ma catégorie.
11 mai : ça y est, c'est la finale, nous sommes toutes réunies à 9h00 à l'hôtel Bristol, palace parisien, pour le début des épreuves. Nous patientons dans un petit couloir glacial sous une verrière.
La première épreuve consiste à préparer à l'écrit la réponse à cette question : le vin est-il une boisson ? pour être capable d'exposer notre théorie au jury à l'oral pendant 10 minutes.
Les premières candidates sortent, mais la question n'est pas dévoilée, nous apprenons juste que l'oral devant le jury est un grand moment de solitude pour chacune, il n'y a aucun échange, tout juste quelques sourires parfois ou une lueur d'intérêt dans les regards... Ce n'est pas le grand oral d'HEC, mais tout de même !
Je pense m'en être plutôt bien sortie, j'avais préparé une réponse en trois parties pour dire que le vin n'était pas seulement une boisson mais aussi de la culture, du rêve et du partage.
La deuxième épreuve est une vérification des connaissances par un QCM de deux pages sur des points de culture générale sur le vin et des questions techniques, ce n'est pas évident, mais là encore, je ne suis pas mécontente de mes réponses.
Arrive la troisième et dernière épreuve, la plus difficile et la plus redoutée par les candidates, même les professionnelles : la dégustation. Nous avons à déboucher et à servir un vin blanc (Graves), à choisir un rosé de Provence entre 3 proposés et à le servir, et à servir un vin rouge carafé dont nous ne savons rien. Bien sûr, la dégustation est commentée, il faut savoir parler du vin, des cépages, si possible du terroir et deviner ce qu'est le vin à l'aveugle. C'est loin d'être facile, et je dois dire que je n'ai pas brillé puisque ça m'a coûté la première place.
Vers 13h30 nous déjeunons enfin, c'est le seul moment où l'on pourra échanger avec les membres du jury.
Je passe sur l'après-midi où un atelier est proposé sur la découverte des arômes au moyen du coffret "Le nez du vin" de Jean Lenoir, je participe mais ce n'est pas une découverte, on m'a offert ce coffret de 54 arômes pour ma préparation au concours. J'aurais préféré zapper et passer du temps au stand des armagnacs, tenu par trois viticultrices très intéressantes en Bas Armagnac.
A 16h30, je file chez moi pour me changer et enfiler une tenue habillée requise pour le cocktail de 18h30 et l'annonce des résultats.
Je reviens au Bristol à l'heure dite, le cocktail se passe, je papote avec les trois amies que j'ai invitées et vers 19h30, les finalistes sont invitées à monter sur l'estrade pour l'annonce des résultats. Je ne suis pas lauréate de la catégorie Amateur, la place revenant à une Bourguignonne qui à mon avis a été nettement plus brillante que moi lors de l'épreuve de dégustation puisqu'elle est titulaire du diplôme universitaire "Pratique de la dégustation" de l'institut Guyot de Dijon. C'est certain que je ne faisais pas le poids face à ce cursus !
La soirée se termine par un dîner concocté par Eric Frechon, le chef triplement étoilé du Bristol. C'est la première fois de ma vie et peut-être la dernière que je mange dans un restaurant qui a trois étoiles au Michelin, je vous laisse apprécier le menu et les vins Téléchargement Bristol.
Je suis rentrée chez moi vers 23h00, contente de mon parcours même si je n'ai pas gagné. Près de 400 candidates de plus de 30 pays, catégorie Professionnel et Amateur confondue, ont postulé, 120 ont été pré-sélectionnées sur dossier et 10 ont été finalistes. C'est une expérience intéressante, pas inoubliable, une petite pierre supplémentaire apportée à l'édifice d'une possible reconversion...