Toute mécréante que je sois, les abbayes cisterciennes me fascinent, j'ai donc profité de ma dernière journée dans le Languedoc-Roussillon pour aller visiter l'abbaye de Fontfroide, à quelques kilomètres de Narbonne.
Contrairement à l'abbaye cistercienne de Valmagne, dont j'ai déjà parlé ici, Fontfroide n'a eu que peu de liens avec la viticulture, puisque sur les 27 granges de l'abbaye dont les convers s'occupaient, seule Saint-Julien de Septime avait une vocation viticole.
La visite, obligatoirement guidée, débute par la cour d'honneur.
Puis on pénètre dans l'abbaye par le réfectoire des frères convers, dont les splendides grilles sont couvertes de pampres en fer forgé.
Nous arrivons dans le cloître, lieu de passage et de circulation, avec la partie la plus ancienne (fin XIIème, début XIIIème siècle) a été édifiée selon les règles de l'art roman, alors que la partie du XVIIIème est gothique.
La superbe église abbatiale jouxte le cloître, elle est en forme de croix latine. Sa nef de 20 mètres de haut est assez impressionnante. A la croisée centrale du transept, la clé de voûte est remplacée par un oculus, une ouverture circulaire.
Je vous fais grâce de tous les vitraux que j'ai photographiés, j'adore ça ! Bon allez, juste un...
Après l'église, nous nous arrêtons à la salle capitulaire, second haut lieu du monastère, où les moines se réunissaient tous les matins pour entendre la lecture de la règle de Saint-Benoit, qui en 73 chapitres, régissait la vie de la communauté cistercienne et permettait à chaque moine de "marcher droit vers Dieu". Je vous en réserve deux chapitres à la fin de ce post...
Les chapiteaux de la salle capitulaire sont ornés de représentations stylisée du "cistels", dont le nom en ancien français veut dire joncs, roseaux, et indique un endroit marécageux, c'est aussi celui d'un lieu-dit près de Dijon, il a donné son nom à Citeaux.
La visite s'achève pour vous par la cour souvent appelée Louis XIV.
A l'issue de la visite, pour essayer de me réchauffer un peu tant j'ai eu froid à déambuler dans ces vieilles pierres ocres qui ne livraient pas tout leur éclat par cette journée grise, pluvieuse et fraîche, je suis allée déjeuner au restaurant de l'abbaye, un bel endroit décontracté et chaleureux. Sur la table, la lecture du set m'a rappelé que les nourritures spirituelles étaient aussi importantes que les nourritures terrestres, au cas où je pratiquerai l'inverse :
Pour la boisson et le vin, il n'y a qu'à demander, la règle de Saint-Benoit n'a rien oublié...
Heureusement, je ne suis pas une moniale, je ne marche donc pas "droit vers Dieu", et je peux m'empiffrer et boire comme je le veux, crénom de D... ! (Oh Catherine, vraiment, tu exagères ;-))