Une fois n'est pas coutume, c'est en Catalogne que j'ai passé le réveillon du 31, après avoir crapahuté une journée dans la montagne Montserrat. Après l'effort, le réconfort à Barcelone, qui mérite sa réputation de belle catalane, j'en attendais beaucoup, j'ai été comblée !
Après une nuit de train, nous arrivons à Barcelone et nous partons aussitôt pour 45 minutes de trajet vers Montserrat ("montagne sciée" en catalan), qui fait partie de la chaîne montagneuse pré-littorale catalane. Nous posons les bagages au monastère de Montserrat, chaussons les chaussures de rando et hop, grimpons à l'assaut du mont Sant Jeroni, qui culmine à 1236 mètres.
Montserrat est une montagne au profil brisé dont l'aspect fait penser aux dents d'une scie. La crête mesure 10 km de long et 5 km de large, c'est la montagne la plus élevée de la Catalogne intérieure.
Les points de vue sont splendides au fur et à mesure de la grimpette.
Nous arrivons au sommet, le Mont Sant Jeroni.
Nous redescendons vers le monastère, dans peu de temps le soleil déclinera.
Le lendemain matin, nous avons droit à un spectaculaire lever de soleil...
Le monastère de Montserrat est un lieu de pélerinage et de recueillement pour les catalans, nous partons visiter sa basilique, construite au XVIème siècle en style gothique et renaissance, et détruite en 1811 par Napoléon.
Les pélerins et les visiteurs viennent en particulier pour admirer la statut de la vierge noire, la "Moreneta", une sculpture romane sur bois de la fin du XIIe siècle.
Marie y est représentée comme reine, mère et vierge. Elle soutient de la main droite la sphère de l'univers et de la gauche, elle nous présente "le fruit de ses entrailles".
La visite de la basilique aura été pour moi l'occasion de découvrir un sculpteur catalan génial, Josep Subirachs, qui dans un esprit très contemporain livre sa vision du christianisme.
Le regard nous suit au fur et à mesure que nous nous déplaçons, l'effet est saisissant !
Sans avoir hélas pu écouter l""Escolania de Montserrat", le chœur d’enfants le plus ancien d’Europe, qui était en vacances, nous quittons Montserrat et nous roulons vers Barcelone que nous rejoindrons à pied depuis le site de Tibidabo, la deuxième colline de la ville après Montjuïc et qui offre un beau panorama.
Nous traversons le quartier des ambassades et ses maisons aux styles divers et variés...
Nous arrivons au parc Guëll, conçu par Antoni Gaudi pour son ami et mécène le Comte Guëll.
Gaudí est l'autre génial catalan dont les réalisations ont donné une identité très marquée à Barcelone, voici quelques unes d'entre elles.
Casa Milà (La Pedrera)
Terrasse de La Pedrera
Casa Batlló
N'oublions pas la Sagrada Familia, le temple expiatoire de Gaudí, oeuvre de longue haleine inachevée, en chantier permanent, dont une infime partie des plans de l'architecte a été réalisée en 1926 à la mort de celui-ci. Consacrée basilique, la Sagrada Familia est extraordinaire, délirante, extravagante, elle réconcilierait n'importe quel mécréant avec la religion catholique, pour peu qu'il ait un peu de fantaisie !
La façade de la passion, sculptures de Josep Subirachs qui a rejoint le projet en 1987
A côté du baiser à Judas, on peut voir le carré magique, dans lequel la constante magique (la somme d'une seule ligne, colonne ou diagonale) est égale à 33, l'âge du Christ à la crucifixion.
Bon, il est temps de parler vins, l'Espagne est un autre grand pays en la matière, je tenais à vérifier la bonne réputation de quelques adresses que j'avais pu dénicher.
Un lieu incontournable pour tout amateur, le bar à vins futuriste Monvinic, dont l'ambition est de faire rayonner la culture du vin par le biais des technologies les plus récentes : une carte de vins digitale (3000 références), présentée sous forme d'écran tactile, grâce à laquelle le client peut visualiser l'endroit de production du vin et les vignerons.
Voulant goûter à un cava, je choisis parmi les quelques références proposées au verre, celui de Mas Bertran, l'Argila Vinyes Velles.
Issu de vieilles vignes de plus de 50 ans, 100% xarel-lo, c'est un Brut Nature, sans liqueur d'expédition ni sucre ajouté, avec une production limitée d'un peu plus de 5000 bouteilles. Le domaine situé à Torrelles de Foix, dans la province de Barcelone, est en conversion biologique. C'est un bon cava au nez de raisins secs et de pomme, bulles fines, bouche vanillée et notes pâtissières.
Je change de région et pars en Andalousie en goûtant au Jerez Oloroso seco d'Emilio Hidalgo.
100 % palomino, le cépage andalou par excellence, ce Jerez a été élevé sous un voile de levure (la "flor"). Elevé en solera pendant près de 20 ans, La robe est foncée, aux reflets de vieil or. Le nez évoque la noisette, la noix et le tabac. La bouche est opulente et corsée, il est d'une longueur infinie, c'est un grand Xérès.
Après avoir réglé à la caisse, la sommelière française Isabelle Brunet nous remet une fiche avec les vins que nous avons bus (dénomination, appellation et millésime, cépages).
Le lendemain, voulant rapporter quelques bouteilles, mon amie et moi sommes allées chez le caviste La Vila Viniteca.
Un magasin de folie tout près de la cathédrale Santa Maria del Mar, qui abonde en références du monde entier ! Nous sommes conseillées par un vendeur adorable qui s'exprime en français, il faut dire que la boutique est un vrai repaire de mes compatriotes... Je trouve la bouteille que je voulais, un vin rouge bio dont a parlé la revue leRouge&leBlanc dans son numéro 93 : le Sotorrondero de la bodega Jiménez-Landi, en appellation Méntrida. Assemblage de syrah, merlot et cabernet sauvignon, le vin est paraît-il l'une des expressions les plus abouties de la nouvelle garde des vins espagnols, et laisse un souvenir mémorable après qu'on l'ait bu !
Très intéressée par une bouteille que choisit un Français qui aligne les belles quilles, et me fiant à ce que m'en a dit une amie qui l'a bu il y a quelque temps et qui l'a beaucoup aimé (merci Ingrid !), je choisis un vin blanc espagnol de Rafael Palacios, petit frère du célèbre Alvaro Palacios. As Sortes est en appellation Valdeorras, en Galice, il est issu de différentes parcelles de vignes de godello, âgées de 18 à 80 ans. J'ai hâte d'ouvrir cette bouteille dont on dit tant de bien !
photos©Unefemmedesvins
Je n'ai hélas pas eu le temps d'aller faire un tour chez L'Anima del Vi, le caviste des vins naturels à Barcelone, ce sera pour une autre fois.
Après un dîner de réveillon pris dans un bon restaurant du port, nous rentrons à l'hôtel par une des ramblas, l'artère la plus célèbre de la ville, très animée.
En ce 1er janvier 2012, retour à Paris, et une ENORME envie de revenir à Barcelone, pour en découvrir davantage !
Bonne année à tous, j'espère que cette animation vous fera sourire !