Canicule dans certaines régions françaises... vous avez trop chaud ? Ou vous n'avez pas pu partir en vacances ? Vous n'avez pas eu votre compte de dépaysement ? Une femme, des vins vient à la rescousse et vous emmène dans une île proche de l'Arctique où un volcan au nom imprononçable a beaucoup fait parler de lui en 2010. Destination Islande, c'est maintenant !
On a beau s'être documenté, en avoir rêvé depuis des années, rien ne vous prépare vraiment à un voyage dans cette petite île, et même si vous avez vu des films, des photos, lus des récits de voyageurs, le réel dépassera toujours l'imaginé, voire l'imaginaire : les chutes d'eau les plus puissantes du continent, le désert le plus vaste et le plus désolé d'Europe, des volcans qui couvent, des bassins d'eau thermale, des glaciers qui dérivent vers la mer, des boues qui bouillonnent, des coulées de lave, des geysers qui jaillissent à intervalles réguliers, une nature sauvage et lunaire, le voyageur le plus blasé ne peut s'empêcher d'être surpris, émerveillé, bousculé par ce qu'il voit, entend et découvre.
Dans la famille chutes d'eau, je demande celles de Gullfoss, dans le Cercle d'Or, les plus célèbres et spectaculaires du pays.
Godafoss, la cascade des dieux
Ofaerufoss
Seljalandsfoss
La moitié de l'île est composée de déserts, étonnant, non ?
Désert noir d'Odáŏahraun
Photo©unefemmedesvins
Désert de Sprengisandur
Après une journée de randonnée, on peut se détendre dans des sources d'eau chaude naturelles, avec ou sans algues.
Mývatn Nature Baths
Landmannalaugar
Vous aimez ce qui bouillonne, crache, éructe, fume, de préférence entre 80 et 100°C ? L'Islande vous comblera.
Parlons tectonique des plaques : d'après Lonely Planet (très bon guide sur le pays, au passage...), l'île s'est formée il y a 17 ou 20 millions d'années lors d'éruptions volcaniques sous-marines qui se sont produites le long des plaques tectoniques nord-américaine et eurasiatique. Ces deux plaques créent une ligne de faille qui passe en plein centre de l'Islande. Si le volcanisme islandais vous passionne, je vous recommande la lecture du livre "Islande : guide de l'île aux volcans", très pointu et éclairant.
Un peu de glace nous rafraîchira les idées. Une rando d'initiation, avec crampons bien sûr, sur la calotte glaciaire du Vatnajökull, le plus grand glacier d'Europe, de la taille de la Corse, est une expérience qui ne se refuse pas (message perso : Nadine, tu avais raison...).
Vous n'avez jamais vu d'icebergs, encore moins quand ils dérivent vers une plage de sable noir ? Lara Croft: Tomb Raider (2001), le James Bond Meurs un autre jour (2002) ont eu pour décor la lagune de Jökulsárlón. Faites défiler, et rêvez...
Les icebergs se détachent du glacier, s'écrasent dans l'eau et dérivent vers la mer. On admire les sculptures de glace, on guette les phoques, il fait beau, la lumière est magique.
Toute cette glace donne soif, je ne vous ai pas encore parlé de vins. C'est simple, l'Islande n'en produit pas. Donc, elle en importe. Comme au Canada, les boissons alcoolisées sont vendues dans des magasins d'état, les Vín Búð. Il y en a un pratiquement dans chaque village de plus de deux rues, n'ouvrant qu'une heure par jour dans certains petites villes, au grand dam des touristes français qui ratent le créneau horaire... Au rayon des vins importés, on trouve les grosses maisons espagnoles, australiennes et chiliennes, peu de vins français (Chablis, Sauternes, Sancerre), vendus au-delà de 30 euros. Nous avons bu un vin rouge espagnol de la Rioja acheté environ 13 euros, et un un vin rouge argentin à 9 euros. Par contre, il y a des bières islandaises légères, des lagers ou des pils assez standards, de marque Egil's, Thule ou Viking.
J'ai bu une bonne bière blonde artisanale islandaise, pas photographiée, le pays ne produit donc pas que des bières industrielles... Si on n'aime pas la bière, il y a de la vodka islandaise, dont la marque haut de gamme Reika que l'on trouve à environ 17 euros au Duty Free de l'aéroport, ou à 57 euros dans les magasins d'état. Je vous laisse calculer les taxes...
Douce (comprendre : pas brûlante) et très parfumée, j'ai beaucoup aimé. Le pays est également producteur de liqueurs et de schnaps, pas goûtés.
L'eau-de-vie locale, le brennivín ("vin brûlé", engageant, non ? ;-)) est un alcool de pommes de terre aromatisé aux graines de carvi, surnommé mort noire (svarti dauði). Pas mauvais du tout, assez fort, aux notes poivrées. Je préfère quand même la vodka...
Revenons à nos moutons, et Dieu sait s'il y en a en Islande, parfaitement adaptés à leur environnement.
Je pourrai montrer de nombreuses autres photos, mais tout a une fin. L'île est très attachante et ses habitants, quand on apprend à les connaître, le sont également. Peut-il en être autrement quand on a 13 Pères Noël, que l'on croit aux trolls et que l'on a subi la domination norvégienne et danoise ?
P.S. : petite recommandation de lecture pour comprendre l'âme islandaise : "Entre ciel et terre", suivi de "La tristesse des anges", de Jón Kalman Stefánsson. Magnifiques et âpres.