Un petit séjour familial à l'occasion du réveillon de Noël m'a permis de faire de belles découvertes vino-culinario-livresques niçoises.
Photo©Unefemmedesvins
Il m'a même déposé dans mes petits souliers un très joli livre sur le vignoble de Bellet, écrit par un néo-vigneron niçois, Olivier Bettati, du Clos Nicea.
Ce livre est une ode au pays niçois, à son vignoble si particulier et à la gastronomie régionale. Superbement illustré et mis en pages, il parle de la route des vins de Bellet, nous livre un petit traité d'oenologie niçoise, brosse le portrait de 10 vignerons de l'appellation puis à travers des histoires de niçois de tous horizons, évoque l'héritage culinaire d'une cuisine haute en couleurs et saveurs. On y croise l'artiste Ben qui conclue la présentation de sa recette de pistou (lou pistou) par "Cu manga ben caga ben", l'écrivain Georges-Marc Benhamou évoque le Paris de la Butte Montmartre, l'amitié et la pissaladière, la retraité Yvonne Fassi dit tout sur "li bignéta dé flou dé cougourdéta", autrement dit les beignets de fleurs de courgette, "La mouette", l'association des propriétaires de pointus, ces anciens bateaux de pêche en bois quasi disparus, donne la recette du vrai pan bagna et le chef étoilé Keisuke Matsushima nous garantit un stockfish (estocaficada) inratable. Je ne les cite pas tous mais une vingtaine de niçois parle d'héritage culinaire, de transmission, d'amitié et de Méditerranée.
Grâce au livre, alors que je ne vais pratiquement jamais au restaurant quand je suis à Nice, j'ai découvert en famille le restaurant Kei's Passion, qui dirige le chef Keisuke Matsushima, un japonais tombé en amour de la France et de Nice il y a quinze ans. A 35 ans, sa passion de la cuisine a été couronnée d'une étoile Michelin à Nice et d'une autre à Tokyo, et c'est largement mérité, sa cuisine du marché est d'une finesse et inventivité surprenante.
Nous avons choisi le menu "Déjeuner du marché" à 28 euros pour une formule entrée + plat + dessert, pour réveiller nos papilles, le chef nous a apporté des mises en bouche fort sympathiques.
Tomates cerises façon pommes d'amour, rillettes de lapin, et je ne sais plus quoi...
En entrée des topinambours fumés, noix de coquilles St Jacques grillées, vinaigrette de balsamique.
et Brocoletti en risotto, jus d'oignon, huile pimentée
Nous avons poursuivi avec un sanglier en civet aux truffes noires et sa purée de potimarron
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et la spécialité du chef, un mille-feuilles de boeuf "Simmenthal" juste saisi au wasabi, saveur japonaise, et tempura de légumes. Magnifique plat, une viande considérée à juste titre comme l'une des meilleures au monde, le boeuf du Simmental ayant brouté dans les Alpes et fait beaucoup d'exercice ! La tempura de légumes (potiron, courgette, aubergine) était d'une légèreté extraordinaire, donnant l'impression de manger des nuages...
En dessert, dédaignant le mille-feuilles de chocolat et sorbet blette, nous avons choisi une orange sanguine de Sicile en terrine au campari, sorbet de fenouil.
Oups, je n'ai même pas parlé du vin que nous avons bu ! Un Bellet rouge, bien sûr, celui du Clos Nicea, que nous ne connaissons pas.
Cette cuvée spéciale 70 ans de l'AOC est très réussie, réussissant un bel équilibre entre fruits rouges, épices, fraîcheur et une certaine puissance, sans être trop alcooleuse, un très joli vin.
Et pour digérer, une petite promenade du côté de Saint-Laurent-du-Var où la mer et le ciel se fondent en de superbes épousailles (désuet, "épousailles", non ? J'adoore. ;-))