Il y a quelque temps, je lis dans Elle une courte critique sur Les vins de Laure, écrit par Laure Gasparotto, une journaliste spécialiste du vin qui écrit de temps en temps dans "Le Point", a publié dans "Bourgogne aujourd'hui" et a tenu la rubrique vin du "Bien Public". Elle a une formation d'historienne et de médiéviste. Le livre est préfacé par Gérard Oberlé et les photos sont signées Jean-Marie Périer.
A priori tout est en place pour me plaire : des portraits de vignerons réalisés par une femme, LE photographe culte des sixties, moi qui suis une fan de cette période, et une préface de Gérard Oberlé dont j'ai lu et beaucoup aimé l' Itinéraire Spiritueux.

A travers les récits, le lecteur est invité à faire un tour de France vigneron subjectif en découvrant une petite quarantaine de producteurs, leur histoire, leur vie, leur vision et leur ambition.
Certains vignerons me sont familiers : les bourguignons Alix et Etienne de Montille, Claire et Fabio Gazeau-Montrasi, qui ont accueilli nos nudités militantes (à défaut d'être triomphantes) en octobre dernier avec Greenpeace.
Je retrouve avec plaisir à Bellegarde le Domaine Terre des Chardons que j'avais découvert en septembre 2008 sur les routes du Languedoc. Mais l'aperçu que j'avais eu alors de Jérôme Chardon avait été nettement plus abrupt que celui décrit par Laure Gasparotto... évidemment, je ne suis pas journaliste, et Jean-Marie Périer ne m'accompagnait pas ! J'avais été néanmoins très impressionnée par les vins.
Tiens, encore un languedocien que je connais : Sylvain Fadat et son Domaine d'Aupilhac. Je garde un très bon souvenir de sa femme Désirée qui m'avait reçue.
Les dernières figures qui me sont connues sont celles des bordelais Stéphane Derenoncourt et Patrick Maroteaux. Le premier parce qu'il est entre autre l'un des consultants incontournables du Bordelais, le second parce qu'il était parrain de ma promotion à l'IPC Vins et Spiritueux de Bordeaux, qu'il nous a reçus au Château Branaire-Ducru et offert une bouteille du millésime 2005.
Et enfin Jacques Puisais parce que si l'on s'intéresse au vin, à son histoire et aux hommes de la vigne, on sait forcément qui il est. Ce n'est pas l'avis de Laure Gasparotto qui estime qu'"en France, il n'est connu que d'un cercle restreint de professionnels ou d'amateurs très éclairés". Private joke : amateur très éclairé, ça me rappelle quelque chose...
Les portraits sont informatifs, pas forcément émouvants, on reste un peu en dehors et ça doit être dû à l'écriture, assez crispante. Comment dire ? Un mélange de parisianisme, de mise en avant de l'auteur et d'émerveillement (naïf) de petite fille. Le summum est atteint avec le portrait de Gilles Crochet du Domaine Lucien Crochet, dans la Loire. Je cite le long préambule : "Le vin, c'est aussi une histoire de nez (...). Au quotidien, en tout cas, je suis très pénible avec les odeurs, je préfère celles d'une cuisine préparée (...) à celles d'une bougie odorante qui n'appartient pas aux marques que j'aime et il en existe très peu, celles de Cire Trudon étant celles que je préfère (...). Pour moi, le parfum est un vêtement dont je me revêts pour sortir et dans ce cas, Iris Poudre ou Une Rose de Frédéric Malle sont magnifiques et sans compromis."
Attends, mais qu'est-ce qu'on en a à faire ! D'accord, c'est en introduction au récit d'une dégustation de champagnes faite en compagnie d'un célèbre "nez" de la maison Hermès, mais autant la jouer brève sur ses propres goûts !
Bref, vous aurez compris que j'ai été agacée par ce livre alors que j'aurais nettement préféré être embarquée...