J'ai découvert que j'aimais les whiskies écossais et plus particulièrement ceux de la région d'Islay, très tourbés et iodés. Connaissant les single malts Laphroaig et Finlaggan (SA Jean Boyer), je voulais découvrir d'autres whiskies. J'en ai eu l'occasion mercredi dernier en allant à une dégustation de deux whiskies commercialisés par Moët Hennessy, le groupe d'activités vins et spiritueux de LVMH, deux marques de luxe très qualitatives, Glenmorangie et Ardbeg.
Glenmorangie, région des Highlands, distillerie écossaise rachetée en 2004 par LVMH, produit des single malts qui ont connu une double maturation en fûts de Sauternes, Sherry ou Porto.
Nous avons commencé par le porte-drapeau de la marque, Glenmorangie The Original, maturation de 10 ans en fûts de bourbon. Notes d'agrumes (mandarine et citron), finale assez persistante, je l'ai trouvé pas mal, sans plus.
Le Glenmorangie Lasanta ("chaleur et passion" en gaélique) a vieilli en fûts de bourbon, puis il y a eu une maturation supplémentaire dans d'anciens fûts de sherry oloroso. J'ai bien aimé celui-ci, plus long en bouche que le précédent et aux notes de raisins secs, noix et caramel.
Glenmorangie Quinta Ruban a vieilli 10 ans en fûts de bourbon puis 3 ans en fûts de Porto Ruby. C'est un whisky d'une jolie couleur or rose, l'attaque est un peu brûlante et je n'ai pas retrouvé les arômes du porto. Je n'ai pas senti non plus les notes chocolatées évoquées...
J'étais très curieuse de goûter au Glenmorangie Nectar d'Or : première maturation en fûts de bourbon, puis 3 ans supplémentaires en fûts de Sauternes (on peut penser qu'il s'agissait de fûts de Château d'Yquem, ce dernier faisant partie du giron LVMH. Les commerciaux ne l'ont pas dit mais l'ont laissé supposer). Assez doux, avec des notes de café et de vanille, ce n'est pas mal du tout.
Nous avons découvert ensuite le Glenmorangie Extremely Rare 18 ans, élevé 15 ans en fûts de bourbon puis 3 ans en fûts de Sherry Oloroso. On dit que l'âge de la maturité pour les single malts se situe entre 18 et 21 ans, celui-ci est donc à maturité parfaite, au goût du "Brand Manager" qui animait la dégustation. Bon, j'ai dû passer à côté parce que je n'ai pas été particulièrement emballée, "l'ampleur, la complexité et la profondeur des arômes" m'ayant quelque peu échappé.
Le dernier Glenmorangie dégusté, le 25 ans, "épitomé du savoir-faire" de la marque, élevé 25 ans en fûts de bourbon, Sherry et Bourgogne, m'a beaucoup, beaucoup plu. Complexe, fumé, très aromatique, d'une persistance incroyable, c'est celui que j'ai préféré.
Changeons de marque et de région puisqu'avec Ardbeg, ce sont les single malts de l'île d'Islay qui sont présentés. La distillerie Ardbeg a été rachetée en 1997 par Glenmorangie qui en a fait en 8 ans une marque culte, à tel point que des passionnés se la font tatouer sur le corps ! Ardbeg se revendique comme étant "le plus tourbé et le plus fumé de tous les malts d'Islay" et à la dégustation, le marketing rejoint la réalité !
Ardbeg 10, élevé 10 ans en fûts de bourbon, est le coeur de gamme. Le nez est explosif, arrivent l'iode, le fumé, les épices et des notes d'agrumes. En bouche, l'attaque est assez douce puis on monte en puissance et on perçoit des notes de réglisse, tabac et tourbe. La finale est longue, le goût fumé et tourbé persiste, ce n'est pas du tout brûlant. J'adore !
Ardbeg 1990 Airig Nam Beist, est le deuxième et dernier single malt dégusté. Son nom est celui d'un lac situé près de la distillerie et en gaélique, il veut dire "le refuge de la bête", tout un programme ! Là, j'avoue que c'est too much pour moi : trop fumé, trop iodé, trop tourbé, finale un peu piquante, ouf ! Par contre, en ajoutant un petit peu d'eau, c'est très bien et ça devient plus crémeux, plus voluptueux.
Je suis ravie d'avoir connu ces deux univers très différents, le whisky connaît un succès retentissant à travers le monde, c'est un spiritueux assez fascinant que les femmes apprécient de plus en plus.